Dans une interview donnée au [M] Magazine - Le Mensuel Economique des Managers, Gita Filal, Psychologue du travail nous livre les principaux éléments pour mieux se motiver par soi-même.
1- Clarifier les missions du poste pour s’engager pleinement
Avant de faire le grand saut dans l’entreprise, il est important d’être en accord avec le contenu de la fiche de poste et de délimiter clairement dans les attributions : responsabilités, relations hiérarchiques et fonctionnelles, rémunération, moyens matériels, critères d’évaluation, perspectives d’évolution…
2- Etre acteur de sa propre intégration
Il ne faut pas tout attendre de la part de l’entreprise ; le collaborateur a sa part de responsabilité dans la réussite ou l’échec de son intégration. Il convient d’adopter une attitude proactive aussi bien dans la recherche d’informations que dans la construction des liens professionnels qui vont le fédérer aux collègues…
Etre à la fois acteur dans cette phase transitionnelle tout en gardant une certaine attitude d’humilité : la juste mesure est toujours appréciée.
3- Se former en permanence
On n’arrête jamais d’apprendre, les techniques et outils évoluent ; il fait se mettre à la page des nouveautés relatives aux métiers. Tout en « s’autoformant » par la recherche de documentation, le collaborateur doit s’informer des formations/ séminaires qu’il peut suivre et demander à en bénéficier. Cette prise d’initiative peut être appréciée quand elle est justifiée car elle donnera un avantage compétitif, une reconnaissance des capacités d’évolution, et une ouverture à un champ de compétence plus élargi.
4- Equilibrer vie de travail et vie hors-travail
Pour savoir s’investir pleinement dans sa mission professionnelle, il faut veiller à ne pas trop tirer sur la corde et puiser son énergie dans des activités qui procurent plaisir et bien-être. Que celles-ci s’inscrivent dans la sphère familiale, sportive, culturelle, associative, il est important de
prendre le temps de se ressourcer et de s’impliquer dans ce que l’on considère essentiel pour soi. Nous ne sommes pas uniquement des êtres de travail, mais des êtres de vies et de liens : de parenté, d’amitié, de citoyenneté… A vouloir gagner sa vie à tout prix, on risque de passer à côté de priorités fondamentales. Combien de parents n’ont pas vu leur enfants grandir, étant très tôt partis le matin et rentrés tard le soir, et ce durant des années.
5-Nourrir des relations professionnelles saines
Chacun est responsable de l’ambiance de travail qui règne dans l’équipe, plus celle-ci sera agréable et saine, plus elle sera agréable et saine, plus elle sera motivante pour tous : Tisser des liens constructifs avec les collègues, supérieurs hiérarchiques, fournisseurs, clients, dénouer des tensions en instillant un peu d’humour, être plus dans une recherche de solutions que de coupable, se réjouir des succès des autres et le leur exprimer.
De même, ne pas attendre que ce soit les autres qui apportent leur contribution, de renvoyer l’ascenseur, rendre service, apporter son aide, soutenir un collègue en phase de difficulté…
6- Oser réorienter sa carrière
Il arrive parfois de ressentir que l’on a donné le maximum et que l’on arrive plus à avancer dans ce domaine ; il s’agit là peut-être d’un signe : il est temps d’oser un tournant, une réorientation professionnelle. Pourquoi alors ne pas « tester » dans un domaine/métier complémentaire. Cela nécessite de la bonne volonté, de la disponibilité, pour se former en conséquence. Certaines entreprises n’hésitent pas, quand elles sont satisfaites de leur collaborateur, à lui financer une formation dans une perspective de carrière plus ouverte.
7- S’expérimenter dans de nouveaux challenges
Un travail routinier peut contribuer à faire baisser la motivation. Se proposer pour des projets novateurs stimule la fibre créatrice, réveille et révèle les potentialités.
Il est normal de douter de soi par moment, mais cela ne devrait pas inhiber complètement toute initiative. Nous apprenons beaucoup plus de nos erreurs que de nos succès.
8- Doper son évolution professionnelle
Les entretiens d’évaluation sont sans doute une bonne occasion de se poser la question « Qu’est-ce que j’ai pu améliorer ? Quelle est ma valeur ajoutée ? » mais l’idéal est de se positionner quotidiennement comme un agent d’amélioration ; c’est la, en effet, un moteur qui « booste » l’évolution, et savoir saisir en permanence les bonnes opportunités pour faire valoir ses compétences et son potentiel.
9- Optimiser la gestion du temps et de l’espace
Rien de mieux qu’un planning hiérarchisant les priorités et un bureau bien ordonné pour bien démarrer la journée. Le temps est précieux ; en perdre à chercher un document mal classé, ou délaisser des priorités au profit de tâches moins importantes peut générer du stress, un sentiment d’inefficacité et crisper les relations de travail. L’importance de cette dimension spatio-temporelle est à ne pas perdre de vue !
10- Communiquer et partager !
La parole libère très souvent ce que le corps exprime par des maux psychosomatique divers dont le burn-out et la dépression sont des manifestations de plus en plus courantes. Si l’on est tourmenté par un questionnement, une préoccupation, un malaise, des doutes, cela peut faire du bien d’en parler à une personne de confiance, ou à un professionnel (psychologue, thérapeute, coach…). Il est tout aussi recommandé de s’exprimer directement à la personne concernée, que ce soit par écrit ou verbalement, l’essentiel étant d’expliciter son ressenti, dans une communication « non-violente »
Par : Gita Filal
Psychologue du travail
Source : [M] Magazine - Le Mensuel Economique des Managers
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