Mohamed Ouitassane a travaillé dans l’aéronautique. Son intérêt pour le domaine l’a poussé à créer "Aéronautique.ma", le portail qui te dit tout sur l’aéronautique au Maroc.
Pourriez-vous vous présenter aux internautes ?
Marocain, marié et père de deux garçons. Né à Marrakech où j’ai fais mes études jusqu’aux classes préparatoires. J’ai continué mes études à Rabat (3 ans) et Toulouse (2 ans). Je suis installé à Casablanca depuis 1997.
Parlez-nous de Aéronautique.ma !
Après les études, j’ai travaillé à l’Office nationale Des Aéroports pendant quelques années. J’ai changé de travail pour me convertir dans le domaine de l’industrie semiconducteur, un domaine aussi pointu et intéressant que l’aéronautique. C’est à ce moment que j’ai commencé mon blog personnel « AéroMaroc » pour garder le contact avec le monde de l’aéronautique. Le nombre de visiteurs reçu après quelques mois m’a donné l’idée de créer le portail Aéronautique.ma. Avec les encouragements et les conseils d’un grand ami e-journaliste, et le support technique de ma sœur qui est informaticienne, le portail a été lancé officiellement en Février 2008. Tous, nous formons l’équipe Aéronautique.ma et notre souhait est de faire de plus en plus de ce portail une vitrine des progrès que connaît le secteur aéronautique au Maroc.
Le portail s’adresse non seulement aux professionnels mais aussi au grand public à travers une actualité présentée en des termes simples avec, en cas de besoin, un glossaire en ligne. Le portail dispose aussi de plusieurs services : Agenda, Forum, Newsletter, vidéos…
Aéronautique.ma est passé de 31.715 visiteurs uniques et 121.415 pages vues en 2006 à 307.411 visiteurs uniques et 674.065 pages vues en 2008. Les visiteurs arrivent du Maroc (37%), de France (31%), d’Europe (8% hors France), d’Afrique (7% hors Maroc), des Etats unis (6%) et du Canada (5%).
Comment avez-vous atterri dans le secteur ? Quelle formation avez-vous suivi ?
Je suis lauréat de l’Ecole Mohammedia d’Ingénieurs (EMI) en mécanique, spécialité maintenance aéronautique. L’EMI a créé cette spécialité en 1992, à un moment où le secteur aéronautique était pratiquement inconnu au Maroc. Une fois le diplôme en main, j’ai travaillé à l’Office National Des Aéroports (ONDA) grâce à qui j’ai pu poursuivre mes études en télécommunications aéronautiques à l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile (ENAC) à Toulouse pendant 2 ans.
Comment est née votre passion pour ce domaine ?
Au lieu de passion, je dirais plutôt l’envie de découvrir un domaine inexistant au Maroc. Continuer mes études et travailler à l’étranger faisaient partie de mes projets. Aujourd’hui, je suis très heureux d’avoir frappé d’une pierre deux coups : découvrir l’aéronautique et travailler au Maroc.
En quoi consiste le travail d’un ingénieur en aéronautique ?
L’aéronautique se compose de trois parties : les sciences et les technologies pour construire l’avion et le faire voler, les moyens pour faire suivre à cet avion une trajectoire par rapport à la surface terrestre, et enfin les infrastructures associées (aéroports).
Un ingénieur en aéronautique est d’abord un ingénieur capable avec une formation adéquate et un minimum de temps de prendre la forme du poste auquel il est assigné. Ainsi, il peut travailler et participer à l’une des trois parties formant l’aéronautique. Bien sûr il y a quelques spécialités qui n’existent pas encore au Maroc, on les trouve surtout dans les pays qui construisent des avions, par exemple Ingénieur recherche et développement structures (Définir de nouveaux aéronefs), Ingénieur développeur de logiciels embarqués ou Ingénieur d’essais (calculer les performances des prototypes)…
Parallèlement à votre formation, y a-t-il d’autres voies qui permettent d’y accéder ?
Aujourd’hui le Maroc dispose de l’académie Mohammed VI de l’aviation civile dédié à la formation des ingénieurs, des contrôleurs et d’électroniciens pour l’aviation civile. L’académie est accessible via les classes préparatoires aux grandes écoles d’ingénieurs.
D’un autre côté, il faut savoir que le baccalauréat marocain est reconnu dans plusieurs pays étrangers, les bacheliers peuvent poursuivre leurs études dans les écoles aéronautiques de ces pays. De bonnes notes facilitent bien sûr beaucoup l’accès à ces écoles.
Quelles qualités faut-il avoir pour entreprendre des études en ce sens ?
Les mêmes que celles nécessaires pour tout étudiant voulant devenir ingénieur : avoir un maximum de connaissances et être capable d’utiliser ces connaissances pour s’adapter à différentes situations. Je crois que, dans ce sens, les classes préparatoires jouent très bien le rôle de filtre avant d’intégrer une grande école d’ingénieurs.
Qu’est ce que vous conseillez aux jeunes qui aimeraient exercer ce métier ?
Il ne faut pas hésiter, au pire des cas la conversion vers un autre domaine reste possible. En effet, la rigueur, la précision et le haut degré de responsabilité qu’exige le secteur fait que le profil d’ingénieur en aéronautique est très demandé dans d’autres secteurs.
Quels autres profils de métier trouve-t-on dans le secteur ?
Ils sont très nombreux, la chaudronnerie aéronautique (mettre en forme des pièces métalliques), l’ajustage montage de cellules aéronefs (Assembler des pièces), l’usinage sur les Machines outils à commande numérique, mécanicien moteur (monter, démonter et réparer un moteur d’avion), technicien aérostructure (assembler, réparer et monter des pièces), mécanicien de piste (Inspecter sur piste un avion avant décollage)…
Quelles sont les perspectives d’emploi dans ce domaine en général ?
Le secteur aéronautique a connu un progrès extraordinaire au cours des dernières années. D’une part grâce à la délocalisation des entreprises européennes spécialisées dans le design, l’usinage de précision et le câblage, et d’autre part grâce à l’accord Open sky qui a fait augmenter le trafic aérien et donc augmenter la demande en ressources humaines pour gérer ce trafic et entretenir les infrastructures et les équipements associés. Je reprendrais à cette occasion les paroles de Mr Andaloussi, président du groupement marocain des industries aéronautiques, selon lui le secteur va tellement se développer que « Bientôt le câblage deviendra pour nous un jeu d’enfants ». L’avenir est prometteur.
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